ÊTRE VIGILANT
« Il faut avancer, avec ce que l’on a, vers le meilleur. »
ÊTRE VIGILANT
Le septième thème de ce volume concerne la vigilance, où l’entrepreneur exerce une surveillance soutenue de son environnement. Il faut demeurer attentif aux situations, événements et circonstances. Être Vigilant signifie que l’on observe ce qui se passe afin de favoriser la bonne marche de l’entreprise et améliorer le mieux-être des parties prenantes. Je désire discuter des attitudes que je considère nécessaires au fonctionnement réussi d’une entreprise.
Rester alerte
Rien n’est immuable. La concurrence bouge, les opportunités vont et viennent, les gens changent, la planète rétrécit! Penser que la stabilité attend l’entreprise une fois démarrée est utopique. Il est vrai qu’il peut y avoir davantage de mouvement dans certains secteurs, mais aucun n’est épargné. L’entrepreneur doit donc se faire à l’idée qu’il doit régulièrement, pour ne pas dire constamment, être à l’affût de ce qui se passe autour de lui, en particulier dans son domaine d’expertise. Il est possible d’obtenir des outils plus précis et plus performants? Un nouveau créneau émerge? Il faut évaluer l’impact sur l’entreprise, puis déterminer comment faire avec. Favoriser le développement des connaissances chez ses employés, entre autres, est un moyen efficace de se tenir au courant. On s’apprête à modifier la loi sur les normes du travail? Les habitudes de consommation changent? Ayons une longueur d’avance. Restons connecté.
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Il est le propriétaire d’un magasin d’articles de fêtes.
Il sait qu’une pénurie d’hélium se pointe.
Il ne pourra bientôt plus offrir de bouquet de ballons ainsi gonflés.
Il s’y prépare à l’avance, en accentuant son offre de produits alternatifs.
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Être alerté par ce qui se passe est plus facile à faire lorsque les choses bougent ou lorsque des éléments dérangeants surviennent. C’est normal. Je désire toutefois vous sensibiliser à vous questionner même quand tout va bien. C’est moins naturel. Les ventes sont stables ou progressent doucement, les clients sont satisfaits, les employés acceptent de faire des heures supplémentaires, les parties prenantes ne se plaignent pas – ce qui veut dire que ça va –, alors pourquoi se questionner? Tout simplement pour s’assurer du maintien de ses acquis et permettre un ajustement rapide dès qu’une perturbation se pointe. Lors de périodes plus stables, l’entrepreneur peut en profiter pour améliorer la situation actuelle ou envisager de nouveaux défis. Il pourrait ainsi se rappeler que l’un de ses clients s’est plaint de ne pouvoir trouver ce dont il a besoin nulle part. Cela pourrait mener vers le développement d’un produit complémentaire ou vers la réorientation de la stratégie de ventes.
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Je suis assise dans le hall d’une auberge.
Quelques personnes sortent d’une salle de rencontre. C’est la pause.
Elles vont à l’extérieur et reviennent avec un café
acheté dans l’établissement d’à-côté.
Le café est pourtant fourni dans leur salle.
Je me dis que le propriétaire de l’auberge devrait se questionner
sur la qualité du café offert dans son établissement.
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Les signaux
Je crois personnellement que l’entrepreneur doit faire preuve d’ouverture en tout temps. Il doit demeurer alerte dans sa récolte d’idées pouvant affecter, de près ou de loin, son entreprise. De nombreuses idées proviennent régulièrement de l’observation de ce qui se passe autour et ailleurs, dans d’autres pays ou même d’autres domaines. Je suggère à l’entrepreneur de prendre note des idées qui lui viennent à l’esprit afin de pouvoir y revenir plus tard. Ce précieux « cahier » d’idées peut d’ailleurs contenir un échéancier de réalisation ou de réévaluation. Face à une quelconque information, l’entrepreneur peut certainement se demander s’il y a une quelconque utilité pour lui. Le fait d’entendre son voisin se plaindre d’avoir attendu trop longtemps à son garage peut sensibiliser l’entrepreneur à se demander si les gens n’attendent pas trop longtemps avant d’être servi dans son propre commerce. Considérer ce qui arrive comme un signal à se questionner, s’analyser ou s’améliorer, est à mon avis une attitude gagnante.
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Un article attire son attention.
Il porte sur la génération du millénaire
(génération Y, personnes nées après 1995).
Comme il engage régulièrement des personnes de cet âge-là, il s’y intéresse.
Il prend note de leurs caractéristiques et s’attarde plus particulièrement à la section : « Ce qu’il ne faut pas dire à un employé de la génération Y… ».
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Il apprécie l’opportunité de mieux comprendre ce qui en est.
Il envisage de modifier certaines façons de faire.
Cela pourrait l’aider à garder ces employés plus longtemps à son emploi.
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L’attitude d’ouverture et d’adaptation m’apparaît déterminante ici.
L’entrepreneur accepte les différences entre les générations.
Il ne les juge pas et ne cherche pas à changer ce qui est inchangeable.
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Les entreprises négligent trop souvent de considérer l’information en provenance de leur clientèle. Impliquer directement les clients potentiels dans le test de nouveaux produits et services, par exemple, permet la considération de différents points de vue. Cela permet parfois de fignoler les détails. Il faut savoir que peu de clients prennent le temps d’exprimer leur opinion, en particulier lorsqu’elle n’est pas directement sollicitée. Il n’est pas très compliqué, par exemple, de demander à ses clients s’ils ont trouvé ce qu’ils étaient venus chercher. L’entrepreneur pourrait noter ce qui manque, pour évaluer si cela vaut la peine de l’ajouter à sa gamme de produits. Lorsque quelques clients mentionnent qu’ils ne peuvent acheter le centre de jeux extérieurs parce qu’ils sont incapables de le monter, l’entrepreneur pourrait envisager d’offrir ce service complémentaire, ou encore, de référer des gens qui le feront. On peut également penser à un processus systématique de questionnement auprès des clients réguliers ou tout simplement observer leur comportement dans le magasin. Les employés devraient certainement être sensibilisés à transmettre toute information recueillie à la haute direction.
Le client n’a pas toujours raison.
Le client n’a pas toujours tort.
Il faut également dire que la plupart des clients s’expriment seulement lorsqu’ils ont une plainte à formuler. Parce qu’il n’est pas vraiment agréable de faire face à un client insatisfait, la tentation d’oublier la rencontre est forte. On passe rapidement à autre chose. Je crois toutefois que les commentaires et critiques de clients contiennent des informations valables, trop souvent mises de côté. Lorsque plus d’un client se plaint de la même chose, il faut y voir. Il en est de même des suggestions d’employés. Certains entrepreneurs rejettent parfois du revers de la main un commentaire émis par un nouvel employé sous prétexte qu’il n’a pas d’expérience. C’est peut-être vrai, mais cela ne l’empêche pas d’avoir pu remarquer quelque chose d’important. Il a d’ailleurs l’avantage de pouvoir jeter un regard neuf. Et qui sait? une idée relevée aujourd’hui pourrait être développée plus tard. Encourager ses employés à trouver de nouvelles idées, à parfaire le produit ou à améliorer la relation-client est certainement une attitude rentable.
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« Je désire un remboursement pour ce cahier d’activités
que j’ai acheté lundi dernier. »
La cliente est remboursée.
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En réalité, le cahier est incomplet.
Les autres clients se sont-ils rendus compte de l’erreur?
Et si oui, reviendront-ils tout de même acheter à la boutique?
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« Je désire un remboursement pour ce cahier d’activités
que j’ai acheté lundi dernier. »
« Puis-je vous demander pourquoi? »
« Les feuilles de collants qui devraient se trouver à la fin
ne sont pas toutes-là. »
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L’entrepreneure autorise le remboursement,
puis examine les cahiers invendus.
Elle constate qu’ils ont tous le même problème. Il manque des pages!
Elle les retire du plancher de vente, puis les retourne au fournisseur.
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L’inattendu
On ne peut pas penser à tout ni tout prévoir. La perfection est rare. L’entrepreneur fera régulièrement face à des situations imprévues ou différentes de ce qu’il avait escompté. C’est parfois positif, parfois négatif. Il faut apprendre à accueillir ce qui arrive afin d’en retirer le meilleur. Il est naturellement plus intéressant de recevoir une bonne nouvelle, tel le renouvellement de la commande d’un client satisfait. C’est moins évident lorsqu’il s’agit d’une quelconque difficulté. Lorsque les matériaux n’ont pas été livrés à temps, par exemple, on peut devoir changer l’horaire de travail. S’ensuit parfois des pertes de temps et d’argent. On peut certainement dire que ce genre de situation arrive régulièrement dans la vie d’un entrepreneur.
Une erreur? Un problème? Une faiblesse? Une incohérence?
UN SIGNAL!
Bien que ce soit dérangeant, et parfois même décourageant, je vous suggère de considérer toute difficulté comme étant un signal. Lorsque la même chose se produit régulièrement, ou que les conséquences sont importantes, la force du signal s’intensifie. Il m’apparaît nécessaire de demeurer alerte afin de capter les différents signaux reçus. Ils contiennent en soi des informations qui requièrent des actions. Une erreur? Corrigeons-là et trouvons le moyen d’éviter qu’elle se répète. Un problème? Résolvons-le en tirant profit de l’expérience. Une faiblesse? Mitigeons-là en faisant preuve de créativité. Une incohérence? Cherchons à établir ce qui en est. Il arrive fréquemment que des situations, a priori vues négativement, permettent plus tard l’amélioration des choses. Les apprécier comme étant des occasions plutôt que des difficultés est une attitude gagnante. On ne peut certes pas tout prendre avec le sourire, mais on peut essayer d’en retirer le meilleur.
L’analyse objective de ce qui survient
est un puissant moyen d’apprentissage.
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On annonce des travaux de quelques semaines sur leur rue.
La circulation sera assurément difficile pour leurs clients.
Ils décident de profiter de l’occasion pour effectuer des rénovations.
Ils y pensaient depuis un bon moment sans pouvoir ...