chapitre 1
Appréhender son D750
Bien qu’il soit relativement compact pour un reflex doté d’un capteur 24 × 36, le D750 se positionne assurément entre le D610 et le D810 dans la gamme Nikon. Il s’agit donc d’un appareil photo haut de gamme qui présente une fiche technique fort complète. Il devrait, en dépit de ses quelques limitations, vous permettre de faire face avec succès à quasiment toutes les situations photographiques, tant il est vrai qu’il affiche une excellente polyvalence. Pour autant, avant de prendre votre première image, il vous est nécessaire de bien connaître les différentes commandes et autres fonctions disponibles sur votre D750.
Un reflex polyvalent au cœur d’un système
C’est en 2007 que naît le D3, premier des reflex Nikon à capteur de format FX (24 × 36). Par rapport au D2Xs, son prédécesseur dans la gamme des reflex professionnels à laquelle il appartient, le D3 apporte un sérieux gain en haute sensibilité, offre de meilleures possibilités en matière de gestion de la profondeur de champ (voir p. 171) et bénéficie d’un autofocus nettement amélioré. L’année suivante apparaît le D700 qui connaît un immense succès, justifié par le fait qu’il constitue un excellent compromis entre prix et performances. Il est en effet nettement moins cher que le D3 tout en héritant de sa qualité d’image (figure 1.1), mais il fait bien entendu l’impasse sur d’autres spécificités de ce dernier (construction monobloc, qualité de visée, rafale). Dès lors, la machine est lancée et les reflex FX se succèdent ensuite régulièrement au fil des ans (D3X, D3s, D4, D800, D800E, D600, D4s, D610, Df et D810).
Figure 1.1 Le Nikon D3 (à gauche), premier reflex de la gamme FX, est un reflex professionnel doté d’un capteur CMOS de 12 Mpix. Ce dernier équipe également le D700 (à droite), lancé moins d’un an plus tard. (Documents Nikon)
Héritier de cette longue dynastie de reflex à capteur 24 × 36, le D750 s’intègre parfaitement au sein du système Nikon. Outre sa compatibilité avec un très grand nombre d’objectifs, il accepte également de multiples accessoires, tant au niveau de la visée que de l’alimentation en passant par les flashs. Toutefois, alors que beaucoup ont sans doute vu dans le D750 un successeur du D700, probablement du fait que les deux appareils ont des dénominations assez proches, ceux-ci répondent en réalité à des philosophies assez différentes. Le D750 est en effet plus petit et plus léger que son aîné tout en disposant d’un écran arrière plus grand, mieux défini et inclinable. Il laisse cependant l’avantage au D700 en matière d’obturateur et d’ergonomie, adoptant une disposition des commandes qui rappelle plus celle des boîtiers « experts » que celle des modèles « pro ».
Une fabrication soignée
Sa légèreté toute relative, le D750 la doit en partie à sa petitesse, en comparaison avec les autres reflex 24 × 36 de la marque, mais aussi à sa construction. Le D750 est en effet le premier boîtier de la marque qui conjugue une structure arrière en alliage de magnésium à une façade avant en fibre de carbone (figure 1.2) autorisant un gain de poids par rapport à un appareil disposant d’une architecture plus conventionnelle. Comme tous les autres reflex Nikon, il est doté d’un gainage antidérapant qui favorise une bonne tenue en main. Celle-ci est renforcée par la poignée très bien dessinée et profonde.
Figure 1.2 Le châssis du D750 est conçu autour d’un squelette en alliage de magnésium et d’une façade en fibre de carbone, respectivement en gris clair et gris foncé sur les deux images. (Documents Nikon)
Parallèlement, le châssis du D750 est doté de nombreux joints toriques (figure 1.3) qui lui procurent une protection efficace contre les projections d’eau, de poussière, de sable ou de toute autre substance volatile ; quelques précautions s’imposeront cependant dans certaines conditions (pluie, neige, milieu sableux et/ou soumis au vent, etc., voir p. 50). Cette construction antiruissellement ne rend en outre pas l’appareil étanche et capable de résister à une immersion sous l’eau. De plus, elle est totalement effective seulement si l’optique montée sur le boîtier bénéficie d’une fabrication de même acabit.
Figure 1.3 Les joints (en jaune) qui équipent le D750 sont placés aux endroits les plus sensibles afin de lui conférer une protection efficace contre tous risques de projection d’eau ou de poussière. (Documents Nikon)
Format FX et haute définition
Sous son capot, le D750 embarque un capteur CMOS 24 × 36 d’une définition de 24 Mpix qui lui confère d’excellentes performances dans les basses comme dans les très hautes sensibilités (au-delà de 1 600 ISO). Ces dernières sont essentielles pour travailler à main levée dans de mauvaises conditions de luminosité. En pratique, nombreuses sont les situations de ce type : cérémonie ou repas en intérieur faiblement éclairé, sous-bois au début ou en fin de journée, spectacle ou concert en salle, scène de rue nocturne. Le fait de pouvoir monter en sensibilité vous permettra d’enregistrer de belles images quelles que soient les circonstances.
Capteurs CCD et CMOS : différences essentielles
Tous les capteurs numériques sont dotés de cellules photosensibles et fonctionnent sur le principe suivant : chaque photosite émet un signal électrique proportionnel à la quantité de lumière perçue qui est amplifié et envoyé vers un convertisseur analogique/numérique pour donner au final une image. Toutefois, alors que dans un capteur CCD les signaux produits sont concentrés vers un collecteur avant d’être interprétés par le convertisseur, dans un capteur CMOS, chaque cellule dispose de son propre amplificateur et dirige son signal vers le convertisseur. Loin d’être anodine, cette différence induit des spécificités inhérentes à chacun de ces deux types de capteurs.
Ainsi, dans un capteur CCD, les données émises par chaque photosite sont lues les unes après les autres. Il est alors nécessaire d’avoir recueilli la totalité des informations pour l’ensemble des photosites avant de commencer une nouvelle lecture. A contrario, dans un capteur CMOS, les données peuvent être lues dans le désordre sans qu’il soit nécessaire d’avoir terminé la lecture d’un photosite avant de passer au suivant. Du fait de cet avantage décisif pour certaines applications (Live view, vidéo et autres), la technologie CCD, apparue en 1969 et améliorée au fil des années, est désormais de plus en plus délaissée au profit de celle des CMOS, nettement plus souple. En outre, bien que simples à fabriquer, les CCD sont relativement coûteux, très énergivores et moins réactifs que les CMO...